Ce partenariat Sud-Sud, qui s'appuie sur une technologie de séquençage à grande échelle, marque un nouveau chapitre pour la génomique sous initiative africaine, à commencer par le Kenya et la Côte d'Ivoire
NAIROBI, Kenya, le 28 avril 2026 — Biolinx Africa, la Fondation YTO et Nextgen Molecular Lab ont annoncé un partenariat Sud-Sud historique, soutenu par un investissement de 3,5 millions de dollars et l’acquisition d’une plateforme de séquençage NovaSeq X Plus. Les partenaires ont déclaré que cette collaboration permettrait de renforcer considérablement les capacités en génomique et de rapprocher la médecine de précision des populations africaines, en commençant par le Kenya et la Côte d’Ivoire.
Ce partenariat a été dévoilé lors d’une table ronde à huis clos de haut niveau intitulée « Du dialogue à l’action : construire l’avenir de l’Afrique dans les domaines de la génomique et de la médecine de précision », organisée en marge de la réunion régionale du Sommet mondial de la santé 2026 à Nairobi, au Kenya. Cette session a réuni des chercheurs en génomique, des responsables gouvernementaux, des partenaires financiers du développement, des investisseurs et des organisations mondiales de santé afin d’examiner les obstacles qui freinent la mise en place d’une infrastructure génomique durable en Afrique et de définir les prochaines étapes concrètes à suivre.
La première phase de cette collaboration sera axée sur le renforcement des capacités de séquençage, le soutien à la production et à l’analyse de données génomiques menées par des initiatives africaines, ainsi que sur l’élaboration d’une feuille de route de mise en œuvre sur 24 mois, centrée sur le Kenya et la Côte d’Ivoire. La plateforme NovaSeq X Plus, qu’Illumina décrit comme un système à l’échelle industrielle destiné aux applications de séquençage à grande échelle, constituera un pilier central de ce développement d’infrastructures.
L'Afrique possède la plus grande diversité génétique humaine au monde, mais les populations africaines restent nettement sous-représentées dans les études génomiques mondiales et les bases de données de référence. Ce fossé a des conséquences cliniques réelles, notamment des diagnostics erronés, des résultats mal interprétés et des traitements moins efficaces pour les populations qui en ont le plus besoin. Parallèlement, la génomique et la médecine de précision bénéficient d'un soutien politique croissant à travers le continent. L'AUDA-NEPAD a identifié la génomique comme l'une des priorités scientifiques de l'Afrique ; le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (Africa CDC) indique que six pays ont déjà lancé des stratégies nationales en matière de génomique, et que 11 autres ont finalisé leurs plans en attente de lancement. En février 2026, le Conseil exécutif de l'OMS a adopté une résolution sur la médecine de précision appelant à des investissements dans la génomique, la pharmacogénomique, les infrastructures de laboratoire, les bases de données génomiques et la bio-informatique.
« La génomique en Afrique doit passer du stade des discussions à celui de la mise en œuvre concrète. Ce partenariat vise à mobiliser les infrastructures, les investissements et le leadership scientifique africain pour soutenir un programme d'action concret. »
— Dr Robert Karanja, fondateur et directeur général de Biolinx Africa
« Les populations africaines restent sous-représentées dans le domaine de la génomique, qui influence de plus en plus les priorités en matière de prévention, de diagnostic, de traitement et de recherche. Ce partenariat vise à renforcer les capacités locales et à générer des données plus pertinentes pour les patients africains, qui pourront être mises à profit pour améliorer leur santé. De meilleures données, de meilleurs soins. »
— Prof. David Tea Okou, généticien moléculaire clinicien et fondateur de la Fondation YTO
« Nous constatons que la pharmacogénomique peut aider à expliquer les différences de réponse aux traitements et favoriser une prise en charge plus personnalisée du cancer. La prochaine étape consiste à intégrer davantage ces outils dans la prise de décision clinique courante et, à terme, dans les protocoles de traitement et les discussions sur la prise en charge. »
— Dr George Michuki, directeur général de Nextgen Molecular Lab
Cette annonce témoigne également du rôle moteur des réseaux scientifiques africains dans la promotion de la collaboration transfrontalière. Le Dr Karanja et le professeur Tea Okou sont tous deux membres du groupe African Voices of Science (AVoS), une initiative lancée par Speak Up Africa en 2020 pour donner plus de visibilité aux chercheurs et experts de santé africains et contribuer à réorienter les politiques et les investissements vers des solutions de santé menées par l’Afrique. C’est par l’intermédiaire d’AVoS que ces deux leaders se sont rencontrés pour la première fois, faisant de ce partenariat un résultat direct du pouvoir de rassemblement du réseau.
« L’Afrique ne peut pas mettre en place des systèmes de santé équitables en s’appuyant sur des données qui ne reflètent pas ses populations. African Voices of Science a pour mission de mettre en relation les scientifiques, de nouer des partenariats et de créer les conditions propices à l’émergence de solutions menées par les Africains. Ce partenariat est la preuve de ce qu’il est possible de réaliser lorsque l’on donne aux experts africains la possibilité de prendre les rênes. À présent, nous avons besoin d’investissements et d’une volonté politique à la hauteur de leur ambition, car la génomique en Afrique doit rendre des comptes aux populations qu’elle sert. »
— Fara Ndiaye, cofondatrice et directrice adjointe de Speak Up Africa
Les partenaires décrivent cette initiative comme une plateforme de collaboration à long terme dans les domaines de la génomique et de la médecine de précision, avec le Kenya et la Côte d’Ivoire comme pays phares initiaux, et l’ambition de s’étendre à l’ensemble du continent à mesure que les infrastructures et les partenariats se développent.