Changer le jeu pour changer des vies

Changer le jeu pour changer des vies

Par Ian Mahinmi, Président de la I AM Foundation et Ambassadeur de la Ligue Africaine de Basketball

Le sport m’a offert bien plus qu’une carrière : il m’a donné une voix et une responsabilité. Avec le recul, une chose est claire : son véritable pouvoir dépasse largement le terrain. Le sport transforme des trajectoires, rassemble des communautés et peut influencer des comportements à une échelle que peu d’autres leviers permettent.

C’est précisément cette conviction qui a guidé la création de la I AM Foundation. À travers la fondation, mon ambition est de mettre le sport au service de quelque chose de plus grand que lui : inspirer la jeunesse, renforcer le leadership, promouvoir l’engagement citoyen et contribuer à des initiatives qui ont un impact concret sur les communautés. Parce que je suis convaincu que les jeunes africains et africaines ne sont pas seulement l’avenir du continent, ils en sont déjà le moteur.

Aujourd’hui, cette vision prend tout son sens à travers la collaboration entre la I AM Foundation, la Basketball Africa League (BAL) et Speak Up Africa. Ensemble, nous avons choisi de mobiliser ce que le sport a de plus puissant, son énergie, sa portée, son influence, pour répondre à des défis qui touchent directement l’avenir de notre continent, à commencer par le paludisme.

Le paludisme reste une réalité quotidienne pour des millions de familles africaines. C’est une maladie évitable, traitable, et pourtant encore trop présente. Cela ne relève pas seulement d’un enjeu de santé publique. C’est une question d’équité, de développement, et de responsabilité collective. Nous avons les outils. Nous avons les solutions. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est accélérer l’action, amplifier les voix, et mobiliser bien au-delà des cercles traditionnels.

C’est précisément là que les athlètes ont un rôle à jouer. Nous sommes écoutés. Nous inspirons. Nous avons la capacité de toucher des publics que les discours institutionnels atteignent difficilement. Cette influence ne peut pas rester en marge. Elle doit être mise au service de causes qui comptent. Elle doit contribuer à faire évoluer les mentalités, à encourager les comportements de prévention, et à porter des messages d’urgence et d’espoir.

Avec la plateforme Speak Up Africa en Action, nous avons vu concrètement ce que cela signifie. En janvier dernier, lors de la Coupe d’Afrique des Nations, cette initiative a démontré la capacité du sport à devenir un véritable catalyseur de mobilisation, en réunissant décideurs, partenaires, médias et communautés autour d’un objectif commun : protéger des vies. Au Bénin, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, cette dynamique s’est poursuivie sur le terrain, en utilisant le basket comme levier de plaidoyer et au plus près des réalités. À travers des échanges avec les communautés, des ateliers avec les jeunes, et des moments de dialogue avec les décideurs, une évidence s’est imposée : lorsque les messages sont portés par des voix crédibles, proches et engagées, ils deviennent plus puissants, plus audibles, et surtout plus efficaces.

Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’engagement de la jeunesse. Une jeunesse créative, consciente, prête à s’impliquer. À travers le storytelling, le sport, et les espaces d’expression qui leur sont donnés, ces jeunes ne sont plus seulement des bénéficiaires des politiques publiques, ils en deviennent des acteurs. Ils racontent leurs réalités, mobilisent leurs communautés, et contribuent à faire émerger de nouvelles dynamiques de changement. C’est cette génération qu’il faut accompagner, former et soutenir, car elle est au cœur des solutions.

Mais aucun de ces progrès ne peut se faire seul. Ce partenariat entre la I AM Foundation et Speak Up Africa repose sur une conviction simple : c’est en travaillant ensemble que nous pourrons changer l’échelle de notre impact. En réunissant le sport, le plaidoyer, les médias, les institutions publiques et les acteurs communautaires, nous créons un écosystème capable de porter des transformations durables. Cette approche collective est essentielle pour répondre à des défis aussi complexes que le paludisme, mais aussi plus largement pour faire avancer les priorités de santé publique sur le continent.

Ce que nous construisons aujourd’hui dépasse un week-end d’activités. C’est une dynamique que nous voulons inscrire dans la durée, un modèle d’engagement réplicable à travers l’Afrique, qui place la jeunesse, le sport et les partenariats au cœur de l’action. Tout au long de l’année, nous continuerons à mobiliser, à raconter, à connecter, pour que ces messages ne s’arrêtent pas à un événement, mais deviennent un mouvement.

Sur un terrain de basketball, aucune victoire ne se construit seul. C’est le collectif qui fait la différence. Il en va de même pour notre continent. Si nous voulons éliminer le paludisme, renforcer nos systèmes de santé et construire un avenir plus juste, nous devons avancer ensemble, avec ambition et détermination.

Je suis fier de contribuer à cet effort. Mais surtout, je suis convaincu d’une chose : le changement est à notre portée, à condition de décider, ensemble, d’agir dès maintenant.