Lancement d'un programme d'administration massive de médicaments dans la ville de Dosso au Niger

Lancement d'un programme d'administration massive de médicaments dans la ville de Dosso au Niger

Le ministère de la santé publique a annoncé le lancement du projet AVENR. AVENIR vise à réduire la mortalité et la morbidité chez les enfants de moins de cinq ans au Niger par l'administration massive d'azithromycine tous les six mois. 

Dirigée par le programme de recherche Resilience through Azithromycin for Children (REACH), l'administration massive d'azithromycine (AZT) permet de prévenir des maladies telles que la pneumonie, les infections des sinus et la maladie de Lyme.

Cinq des huit régions du Niger seront ciblées pour recevoir un traitement complet.

La campagne débute aujourd'hui à Dosso et sera ensuite introduite dans les régions de Tahoua, Maradi, Zinder et Tillaberi.

Le projet est soutenu par le ministère de la santé publique du Niger, le Centre de recherche et d'intervention en santé publique (CRISP), la Fondation Francis I. Proctor de l'Université de Californie à San Francisco et l'agence de communication stratégique et de plaidoyer Speak Up Africa.

Le lancement de REACH fait suite à l'essai MORDOR, une étude récente qui a fait état d'une réduction de 14 % du nombre de décès chez les enfants de moins de cinq ans ayant reçu des doses d'azithromycine au Niger, en Tanzanie et au Malawi.

M. Assoumana Amadou, secrétaire général de la ville de Dosso, souligne : « Permettre aux jeunes enfants d’atteindre leur plein potentiel de développement est un droit humain et une condition essentielle au développement durable. Alors que le monde est aux prises avec la COVID-19, nous devons veiller à ce que les jeunes enfants ne soient pas oubliés et qu’ils aient les meilleures chances possibles de mener une vie longue et saine. Le projet AVENIR constitue une étape importante dans la poursuite de notre mission visant à réduire la mortalité infantile à travers le Niger. »

Entre 2000 et 2018, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans en Afrique est passé de 76 pour 1 000 naissances vivantes à 39, et le taux de mortalité néonatale de 31 pour 1 000 naissances vivantes à 18. On estime que cela a permis d'éviter 5,3 millions de décès d'enfants de moins de cinq ans et 2,5 millions de décès néonatals en 2018.

Si la mortalité infantile a diminué au Niger au cours des deux dernières décennies, le pays affiche toujours l'un des taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans les plus élevés au monde, avec environ 108 décès pour 1 000 naissances vivantes.

Le Dr Elh Ibrahim Tassiou, ministre régional de la Santé publique de Dosso, ajoute :  « Trop d’enfants en bas âge meurent encore avant leur cinquième anniversaire de maladies telles que la pneumonie, les sinusites ou les infections pulmonaires. C’est tout simplement inacceptable. Il est essentiel que les jeunes enfants reçoivent ces antibiotiques qui sauvent des vies, et j’encourage les autorités locales à soutenir le déploiement du programme AVENIR, ainsi que les parents à travers tout le Niger à veiller à ce que leurs enfants reçoivent ce médicament. »

Ahmed M. Arzika, coordinateur du programme de doctorat en épidémiologie, conclut : « Compte tenu des enjeux considérables, il est essentiel que toutes les parties prenantes – des dirigeants nationaux aux acteurs locaux en passant par les communautés – soutiennent AVENIR afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles en matière de santé pour les enfants nigérians. Nous exhortons les parents de tout le Niger à veiller à ce que leurs jeunes enfants bénéficient de ce traitement. »