Pourquoi l’éducation est une arme puissante dans le combat contre les maladies tropicales négligées

Blog • 14 May 2019

Par Maelle Ba, Chef de projet, Speak Up Africa

Le mois dernier, j’ai eu le privilège de voyager au Niger, dans le département de Kollo, pour visiter l’école primaire de N’Dounga Tarey où les enfants ont reçu du praziquantel, un traitement indispensable pour prévenir la schistosomiase. Connu sous le nom de « Totossa » en Zarma, la schistosomiase ou bilharziose est une maladie aiguë et chronique causée par des vers parasitaires. Des personnes de tout âge sont exposées à cette maladie lorsqu’elles entrent en contact avec des eaux contaminées. Ainsi, le manque d’hygiène ou les activités appréciées par les enfants comme la pêche ou la baignade, rendent les jeunes générations particulièrement vulnérables aux infections.

Bien que j’aie apprécié assister à la prise du traitement préventif des enfants, j’ai terminé ce voyage en pensant qu’il était tout simplement inacceptable qu’autant de personnes, au Niger et en Afrique en général, soient atteintes de cette maladie alors que des traitements sont disponibles. Les jours suivant la contamination, les enfants peuvent souffrir de fièvre, de diarrhée et de sérieux maux d’estomac. Sans traitement, les conséquences peuvent être graves.

Alors que déjà 102,3 millions de personnes ont été traitées grâce à des programmes nationaux à travers toute l’Afrique, plus de la moitié de la population reste sans traitement. Il ne s’agit pas d’un problème touchant seulement le continent africain, le monde entier est concerné. On estime qu’en 2017, partout dans le monde, au moins 220,8 millions de personnes avaient besoin d’un traitement préventif.

Près de 70 % des élèves de l’école de N’Dounga Tarey étant touché par la maladie, il est essentiel que les enfants d’ici, et d’ailleurs en Afrique reçoivent les traitement dont ils ont besoin. Les conséquences de la schistosomiase vont bien au-delà de la douleur immédiate ressentie par les patients, la maladie étant également la cause d’absentéisme, de manque d’attention en classe et de frais importants pour les parents, aggravant le cycle de la pauvreté et provoquant de plus graves problèmes sur le long terme.

C’est le cas de Massoura, écolière de 11 ans, que j’ai rencontrée lors de mon voyage au Niger. Comme la plupart des élèves de son école, Massoura est atteinte de la « Totossa ». À cause de cette maladie, elle manque souvent l’école et prend du retard par rapport à ses camarades. De plus, ses parents ont des difficultés à payer les frais liés à son traitement et sont bouleversés par la douleur de leur fille.

Pour empêcher d’autres enfants de souffrir comme Massoura, nous devons augmenter le partage d’informations et de connaissances dans les écoles. Les enfants nageant dans les eaux contaminées étant l’une des principales causes des infections schistosomiases, nous devons sensibiliser les populations à la prévention des infections en partageant l’information dans les écoles.

La schistosomiase est hautement endémique à travers le Niger, et particulièrement sur les rives du fleuve Niger et dans les zones environnantes, dont la capitale Niamey fait partie. Cependant, si nous améliorons l’éducation et augmentons l’accès aux traitements préventifs administrés à travers la région, nous franchirons une étape positive. L’éducation est une arme puissante dans le combat contre la « Totossa » et les maladies tropicales négligées (MTN), c’est pourquoi elle doit être utilisée afin d’assurer une plus grande protection aux jeunes et futures générations. Nous devons agir ensemble ! Rejoignez-moi pour dire « Non aux maladies tropicales négligées » !

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