Journée mondiale de lutte contre le paludisme : Le Bénin continue de lutter pour ce qui compte

Communiqué de presse • 29 April 2022

Pour en finir avec le paludisme, le Ministère de la Santé du Bénin et ses partenaires organisent une série d’activités de haut-niveau et communautaires pour marquer la 15ème édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme.

Lancé en 2018 par 55 chefs d’états africains au 31e Sommet de l’Union Africaine, à Nouakchott, en Mauritanie, le mouvement panafricain « Zéro Palu ! Je m’engage » a significativement contribué aux progrès réalisés en matière de lutte contre le paludisme, et ce, malgré l’impact négatif de la COVID-19 sur le continent.

Pourtant, malgré les moyens préventifs et curatifs efficaces disponibles et les avancées notoires en matière de lutte antipaludique dans le monde, la région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) continue de payer le plus lourd tribut au paludisme et demeure celle qui enregistre le plus fort taux de mortalité. En 2020, l’organisation estimait à 241 millions le nombre de cas de paludisme dans le monde, ayant entraînés 627 000 décès. 95% des cas sont en Afrique et on dénote 96% de décès dont la majorité fait 80% chez les enfants âgés de moins de 5ans. Le nombre total de cas de paludisme rapportés en 2020 est pratiquement le même qu’en 2000.

« Au Bénin, le paludisme reste un véritable problème de santé publique. En 2020, 2.289.948 personnes ont contracté le paludisme avec 2.450 décès. Il est et demeure ainsi, la première affection qui occupe et perturbe les agents de santé dans les formations sanitaires du pays et par ricochet la première cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans »

Dr. Cyriaque Dossou AFFOUKOU, Coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme.

Face à la stagnation de la situation, il importe d’investir davantage dans la recherche et l’innovation avec le déploiement des nouveaux outils dans la lutte contre le paludisme tout en y veillant à un accès équitable à la prévention et au traitement et ce dans le contexte du renforcement de la résilience des systèmes de santé. L’avènementdu vaccin antipaludéen RTS’S pour les enfants apparait également comme un outil préventif complémentaire pour renforcer l’arsenal du combat pour l’élimination du fléau.

« Cette année, à travers le thème « Exploiter l’innovation pour réduire le fardeau du paludisme et sauver des vies », l’Organisation mondiale de la Santé appelle à investir et à innover pour trouver de nouvelles approches de lutte antivectorielle, de nouveaux produits de diagnostic, de nouveaux médicaments antipaludiques et d’autres outils en vue d’accélérer les progrès contre cette maladie. »

Dr Télesphore HOUANSOU, Représentant du représentant résident de l’OMS Bénin.

Pour marquer la journée mondiale de lutte contre le paludisme, déjà la veille, le 23 avril, une émission plateau télévisé organisée sur la chaine nationale ORTB a permis de dresser l’état des lieux de la maladie, d’exposer les progrès ainsi que les défis qui se posent pour son élimination. Ce débat riche a été animé par le Dr Cyriaque Dossou AFFOUKOU, Coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme, le Pr. Gilles PADONOU, Directeur du Centre de Recherche Entomologique de Cotonou, M. Martin EDJITCHE, Directeur du projet PIHI Com (Paquet d’Intervention à Haut Impact au niveau Communautaire – USAID) à l’ONG Bupdos et Madame Eunice LOISEL, Directrice de la Banque Commerciale à Ecobank Bénin.

À Covè dans le département du Zou, le pays a organisé successivement, le 24 avril, une marche verte pour sensibiliser le public à l’impact du paludisme et plaider pour une meilleure priorisation de la maladie au niveau des collectivités territoriales puis le 25 avril, le lancement officiel de la journée couplé avec la quinzaine de mobilisation sociale. 

Le paludisme s’avère être aussi aujourd’hui un problème socio-économique. Les estimations montrent que l’Afrique perd chaque année environ 4,3 milliards de journées de travail et 1,5 milliard de journées d’école à cause du paludisme, et que la croissance du PIB est réduite de 1,3 % dans les pays où le paludisme est endémique. Le paludisme a un impact considérable sur la productivité économique, les coûts des entreprises et le développement du capital humain.

Aujourd’hui plus que jamais, la lutte contre le paludisme est l’affaire de tous : communautés, décideurs, organisations de la société civile, médias et même le secteur privé. Depuis son lancement régional en juillet 2020 par le Groupe Ecobank, Speak Up Africa et le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, l’initiative « Zéro Palu ! Les entreprises s’engagent » est désormais en plein essor dans 4 pays africains : le Bénin, le Burkina Faso, le Sénégal et l’Ouganda. Les entreprises du secteur privé béninois se mobilisent pour soutenir les déficits financiers au profit de la riposte face au fléau.

A juste titre, durant tout le mois d’avril, une vingtaine d’urnes de collecte de fonds ont été déployées dans les agences d’Ecobank Bénin, à la Pharmacie Camp Guézo, sur les sites de l’université HECM, au siège de la Mutuelle pour le Développement à la Base et bien d’autres structures. Mieux des contributions financières ont été directement recueillies. C’est le cas de l’industrie pharmaceutique Pharmaquick By ABT SA qui a apporté un soutien d’un 1million et la Polyclinique St Vincent de Paul qui qu’en a elle, a soutenu le Fonds à hauteur de 500.000 fcfa. Plus loin, la Championne Dr Annabelle EKUE HOUNKPONOU a lancé la campagne « 1 employé = 1 moustiquaire » avec plusieurs officines et cliniques de la place. 

« Les entreprises qui disposent de ressources peuvent aider à combler le déficit de financement dans la lutte contre le paludisme à travers des actions sociétales directes et des outils simples pour obtenir des résultats tangibles dans l’élimination de cette maladie mortelle »

Lazare Komi NOULEKOU, Directeur Général de Ecobank Bénin et Président de l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Bénin (ABEPEF).

Plus de 65 millions de FCFA ont été mobilisés à ce jour auprès des entreprises du secteur privé avec en tête Ecobank Bénin. Ces fonds viennent en complément aux nombreuses actions menées depuis près de deux années que l’initiative « Zéro Palu ! Les entreprises s’engagent » a été lancée au Bénin.

Le paludisme continue d’être un lourd fardeau pour le système de santé, et ce malgré les efforts consentis pour inverser remarquablement la tendance. À cet effet, le Gouvernement du Président Patrice TALON et les partenaires techniques et financiers (PTF) ont pris des engagements forts et historiques dans la mobilisation des ressources complémentaires pour lutter contre la maladie.

« Aujourd’hui, la lutte contre le paludisme au Bénin comporte d’importants défis à relever : la couverture élevée en moustiquaires imprégnées à longue durée d’action; la définition de nouvelles stratégies pour leur utilisation effective par la communauté, l’amélioration du traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes et chez les nourrissons à travers le Programme Elargie de Vaccination et les campagnes de chimio prévention du paludisme saisonnier, la digitalisation des interventions, le déploiement du nouveau vaccin antipaludique RTS,S, et en définitive, l’élimination du paludisme…Face à ces nombreux défis, il urge de penser à des stratégies innovantes de mobilisation de ressources additionnelles. »

 Pr Benjamin I. B. HOUNKPATIN, Ministre de la santé.

Parce qu’aucun enfant et aucune femme enceinte ne doit mourir du paludisme, les partenaires techniques et financiers de la santé au Bénin ont réaffirmé leur engagement indéfectible à soutenir les efforts de lutte contre le paludisme en travaillant en synergie et en étroite collaboration avec le Gouvernement du Bénin, les communautés et les partenaires de mise en œuvre pour la réalisation de son ambition exprimée dans le Programme d’Action du Gouvernement (PAG2 2021-2026) qu’est d’accroître durablement le bien-être social des populations à travers l’amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base et à la protection sociale.

« La lutte contre le paludisme est un pilier essentiel dans la promotion du capital humain et des droits humains notamment des enfants et des femmes et représente une opportunité de lutte contre les inégalités dans le monde. Elle contribue à juste titre à la promotion de l’ODD3 qui vise à permettre à tous de vivre en bonne santé et de promouvoir le bien-être de tous et à tout âge. Je porte ici la voix de tous les Partenaires Techniques et Financiers du secteur de la santé pour réaffirmer notre engagement dans la lutte contre le paludisme »

Karl Paul FREDERICK, Représentant Résident de Plan International Bénin et Chef de file des PTF du secteur de la santé

Le Fonds Mondial est actuellement dans son 7e cycle de reconstitution qui couvrira sa mise en œuvre pour la période 2023-2025 avec comme objectif de mobiliser au moins 18 milliards de dollars américains. À l’aube de cette conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial et à l’occasion de cette journée mondiale, le Ministère de la Santé à travers le Programme National de Lutte contre le Paludisme, a organisé le vendredi 29 avril dernier, avec l’appui technique et financier de Speak Up Africa et en collaboration avec l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) et Ecobank Bénin, un vernissage de l’exposition photos pour plaider en faveur de lamobilisation des ressources nationales et de l’augmentation des ressources externes.

Cet évènement de haute portée a réunit des Institutions de la République, des Partenaires Techniques et Financiers, l’Instance Nationale de Coordination du Fonds Mondial (INC/FM), la Plateforme du Secteur Sanitaire Privé du Bénin, des chefs d’entreprises du Secteur privé, des Organisations de la société civile (OSC), des organisations communautaires de base (OBC), avec une forte mobilisation des médias.

Le discours d’engagement et de plaidoyer de la Vice-Présidente du Bénin a marqué les esprits. Par sa volonté, elle a dressé un chapelet de dispositions basiques pour réduire les risques de contamination tout en appelant à une mobilisation générale pour s’armer de bonne volonté, de détermination et de persévérance dans la même lutte et garder la même vision.

« C’est le combat pour la vie qui nous unit à cette exposition photos de plaidoyer…Beaucoup plus que d’autres maladies, dans le monde, un enfant meurt du paludisme toutes les trente secondes et quatre femmes enceintes décèdent faute de paludisme. Or aucun pays au monde ne peut se développer avec une population malade et l’humanité peut si elle veut en finir avec le paludisme. Toutes les actions indispensables à l’élimination du paludisme nécessitent d’énormes ressources que l’état seul ne peut mobiliser, d’où la nécessité des contributions des partenaires public et privé, internes et externes. »

« Nous invitons les entreprises à faire de leur engagement pour l’éradication du paludisme, une priorité sociale » a-t-elle ajouté.

S.E.M Mariam Chabi TALATA ZIME, Vice-Présidente de la République du Bénin

Cet évènement a permis de décerner des certificats de reconnaissance d’engagement et de mérite à trois champions Zéro Palu : Honorable AKE NATONDE, Dr ANNABELLE EKUE HOUNKPONOU et M. ESPERAT TOSSA. Rappelons enfin, que les œuvres photographiques illustrant les réalités quotidiennes liées au paludisme ont été réalisées par le photographe béninois Eddy Ostwald Aguessy.

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