En 2012, tous les pays africains se sont engagés à protéger la santé des enfants en se fixant pour objectif d’atteindre la couverture universelle en vaccination d’ici 2020.  En prélude à la conférence ministérielle africaine sur la vaccination qui se déroulera cette semaine à Addis Abeba, je souhaite profiter de cette occasion pour revenir sur cette promesse que nous avons faite.  

Les progrès en couverture vaccinale ont permis une réduction de 86% des décès dus à la rougeole sur le continent. Les vaccins contre le pneumocoque et le rotavirus nous offrent des moyens de prévention contre les principales causes de décès d’enfants de moins de cinq ans sur le continent: la pneumonie et la diarrhée.

Les vaccins sont un investissement prouvé rentable qui stimule le développement national. Des études montrent que chaque dollar investi dans les programmes de vaccination peut engendrer un retour potentiel seize fois plus important. Le traitement des maladies, autrement évitables par la vaccination,  met à mal les systèmes de santé en mobilisant des ressources humaines et économiques déjà limitées qui auraient pu servir à la prévention. Et ce, sans tenir compte des pertes indirectes en termes de productivité économique pour les adultes à la recherche d’un traitement pour eux-mêmes ou leurs enfants.

Les vaccins sont un investissement prouvé rentable qui stimule le développement national. Certains de nos pays ont accompli des progrès considérables en matière de vaccination.  Le Rwanda et la Tanzanie ont atteint des taux de couverture qui avoisinent les 100% et 98%, respectivement. Mon pays, le Sénégal, a également réalisé de progrès importants avec un taux de couverture de près de 89%.

Ces réalisations sont rendues possible grâce à une forte appropriation de cette question par les pays et un engagement politique fort.  Afin d’atteindre la couverture universelle en vaccination en Afrique, nous devons tous nous engager autour de l’intervention la plus économique pour la santé de l’enfant: la vaccination.

En septembre 2015, à l’occasion de la 11ème réunion du Clinton Global Initiative et en marge de la 70ème Assemblée Générale des Nations Unies, je me suis engagée à soutenir la campagne Unis pour l’Afrique, une plateforme de communication qui met à contribution le leadership politique et sportif pour venir à bout des principaux problèmes de santé auxquels le continent africain est confronté.  Unis pour l’Afrique qui promeut le renforcement des systèmes de santé a récemment lancé la campagne « Chaque vaccin compte» visant à positionner la couverture universelle en vaccination comme un moyen efficace et efficient de réduire la mortalité infantile en Afrique.

Dans la nouvelle ère des objectifs de développement durable, il est impératif pour nous de faire de la santé infantile une priorité, et ce même dans les villages les plus reculés.  Cette première conférence ministérielle africaine sur la vaccination, représente un moment charnière pour le continent. Il nous faut fédérer nos efforts et rester redevable de nos engagements pour enfin faire de la couverture universelle en vaccination une réalité.

Professeur Awa Marie Coll-Seck

Ministre de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal

Contact: Catherine.Howe@speakupafrica.org