L'Alliance des dirigeants africains contre le paludisme récompense 13 pays pour avoir contribué à réduire fortement l'incidence et le taux de mortalité du paludisme à travers le continent

ADDIS ABEBA, ÉTHIOPIE (29 janvier 2016) – Reconnaissant l'élan sans précédent vers l'élimination du paludisme en Afrique, l'Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA en anglais) remettra demain un prix aux 13 pays africains ayant fait la démonstration de leur engagement, de leur innovation et de leurs progrès dans la lutte contre le paludisme.

Les prix d'excellence 2016 de l'ALMA seront décernés aux pays suivants :

  • Le Botswana, le Cap-Vert, l'Érythrée, la Namibie, le Rwanda, Sao Tomé-et- Principe, l'Afrique du Sud et le Swaziland, pour avoir atteint les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière de lutte contre le paludisme.
  • Le Liberia, le Rwanda et le Sénégal, pour leur performance en matière de contrôle du paludisme entre 2011 et 2015.
  • Les Comores, la Guinée et le Mali, pour la meilleure progression en matière de contrôle du paludisme entre 2011 et 2015.

Ces 15 dernières années, l'Afrique a connu des progrès historiques dans sa lutte contre le paludisme. Depuis 2000, le taux de mortalité dû au paludisme en Afrique a chuté de 66 % sur le continent pour l'ensemble des catégories d'âge et de 71 % pour les enfants de moins de 5 ans. Le nombre de décès annuels dûs au paludisme en Afrique est passé d'environ 764 000 en 2000 à 395 000 en 2015. Environ 663 millions de cas de paludisme ont été évités en Afrique subsaharienne au cours des 14 années écoulées. D'après l'Organisation mondiale de la Santé, la réduction du nombre de cas de paludisme attribuable aux actions de contrôle du paludisme a permis d'économiser environ 900 millions de $ en coûts de gestion des cas entre 2001 et 2014. « Pour la première fois dans l'histoire, une Afrique sans paludisme se profile à l'horizon, » a déclaré le Premier Ministre de l'Éthiopie Hailemariam Dessalegn, président actuel de l'ALMA. « Le succès dans ces 13 pays et ailleurs sur le continent montre qu'un leadership fort est notre arme la plus puissante contre cette maladie ancienne et mortelle. ».

Ces dernières années, de nombreux leaders africains ont fait de la lutte contre le paludisme un point clé de leur action, avec le soutien de donateurs comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l'Initiative du Président des États-Unis contre le paludisme et le Département de développement international du Royaume-Uni, ainsi que les contributions multilatérales et bilatérales de la France.

La mise en œuvre étendue d'actions efficaces et d'un coût réduit visant à contrôler le paludisme, notamment les moustiquaires imprégnées d'insecticides longue durée et la pulvérisation d'insecticides à effet rémanent à l'intérieur des habitations, a eu pour résultat un énorme déclin dans le nombre de cas et de décès. Étant donné qu'en Afrique les moustiques porteurs du paludisme piquent à l'intérieur des habitations et de nuit, ces interventions sont extrêmement efficaces. Depuis 2000, plus d'1 milliard de moustiquaires imprégnées d'insecticides ont été distribuées en Afrique subsaharienne.

« C'est un honneur pour l'ALMA de travailler avec ces leaders, qui nous inspirent, » a déclaré Joy Phumaphi, Secrétaire exécutive de l'ALMA. « Ils sauvent des vies et libèrent le potentiel humain en débarrassant leur pays de ce terrible fléau. Grâce à leur engagement renouvelé et à leurs ressources dédiées, je suis certaine que l'Afrique peut éradiquer cette maladie. »

Mais il reste encore beaucoup à faire. Environ 90 % de tous les cas et décès dûs au paludisme dans le monde concernent l'Afrique. Le paludisme continue à tuer un enfant africain toutes les deux minutes. En 2015, on estimait à 188 millions le nombre de cas de paludisme en Afrique. De plus, des millions d'Africains ne reçoivent pas les soins et les outils dont ils ont besoin pour prévenir et traiter le paludisme.

Une étude récente du Lancet a conclu qu'il était possible d'accélérer la réduction de la transmission du paludisme et du fardeau qu'il représente ces 15 prochaines années, à condition de relever le niveau de couverture des actions actuelles. Malgré tout on a encore besoin d'innovation, particulièrement dans les zones où la transmission de la maladie est intense.

La double menace que constitue la résistance aux insecticides et aux médicaments rend le problème encore plus urgent. En Afrique, la résistance des moustiques aux insecticides s'accroît, et en Asie du Sud-Est, la résistance à l'artémisinine, la substance médicamenteuse la plus répandue pour traiter le paludisme, représente une menace significative.

D'ordinaire, l'ALMA récompense les pays pour leurs efforts contre le paludisme sur un an seulement. Cette année, les nations sont primées pour leurs progrès sur une période de cinq ans ou pour leur travail de ces 15 dernières années en vue d'atteindre les objectifs fixés par les OMD.

Deux des lauréats de cette année, le Liberia et la Guinée, ont dû faire face à une grave épidémie de fièvre Ebola en 2014 et en 2015, ce qui rend leur succès en matière de contrôle du paludisme d'autant plus remarquable.

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