La Fondation Bill & Melinda Gates publie la deuxième édition de son rapport annuel: Goalkeepers

Investir dans la jeunesse pourrait favoriser la productivité et l’innovation selon la Fondation Bill & Melinda Gates

SEATTLE (18/09/2018) – La Fondation Bill & Melinda Gates a publié ce jour la deuxième édition de son rapport annuel Goalkeepers qui met l’accent sur des tendances démographiques pouvant entraver les progrès sans précédent accomplis en matière de lutte contre la pauvreté dans le monde. Alors qu’un milliard de personnes ont réussi à s’extraire de la pauvreté au cours des vingt dernières années, la forte croissance démographique enregistrée dans les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique, met en péril les progrès à venir. Si les tendances actuelles se confirment, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde pourrait cesser de diminuer - comme cela a été le cas au cours des deux dernières décennies - et même augmenter.

Malgré des projections qui donnent à réfléchir, la Fondation Bill & Melinda Gates se veut optimiste, indiquant que la croissance démographique des jeunes populations aujourd’hui pourrait accélérer le progrès de demain. Investir dans la santé et l’éducation des jeunes en Afrique pourrait stimuler la productivité et l’innovation, déclenchant ainsi une « troisième vague » de réduction de la pauvreté, après la première en Chine et la deuxième en Inde.

« Les enseignements sont clairs : pour continuer à améliorer la condition humaine, notre mission est désormais d’aider à créer des opportunités dans les pays africains les plus pauvres et à la croissance démographique la plus forte » écrivent Bill et Melinda Gates dans l’introduction. « Pour cela, il faut investir dans la jeunesse et, en particulier, dans la santé et l’éducation des jeunes générations ».

Le rapport Goalkeepers : The Stories Behind the Data 2018 a été coécrit et édité par Bill et Melinda Gates et produit en partenariat avec l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), Université de Washington. En se fondant sur de nouvelles projections de données, le rapport révèle que la pauvreté en Afrique se concentre dans une poignée de pays dont la croissance démographique est l’une des plus fortes au monde. À l’horizon 2050, deux pays concentreront à eux seuls plus de 40 % de la population mondiale vivant dans l’extrêmement pauvreté : la République démocratique du Congo et le Nigeria.

Par le passé, de grandes populations de jeunes ont servi de moteur à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté. Le rapport fait valoir l’importance de l’investissement des dirigeants dans le potentiel et les opportunités offertes à la jeunesse pour continuer à réaliser des progrès. Au travers d’études menées par des experts et des journalistes, le rapport explore des approches prometteuses en matière de santé et d’éducation en mettant en exergue la manière dont les jeunes pourraient aider à transformer le continent. Selon le rapport, les investissements dans la santé et l’éducation ou dans ce que les économistes appellent le « capital humain » en Afrique subsaharienne pourrait accroître le PIB dans la région de plus de 90 % d’ici à 2050.

Chaque année, le rapport assure le suivi de 18 indicateurs des Objectifs de Développement Durable (ou Objectifs Mondiaux), notamment la mortalité maternelle et infantile, le VIH, le paludisme, l’extrême pauvreté, l’inclusion financière et l’assainissement. Les projections de l’IHME fournissent trois scénarios potentiels concernant ces indicateurs : un scénario optimiste et un scenario pessimiste basés sur l’accélération ou le ralentissement du rythme de progrès, ainsi que des projections suivant les tendances actuelles. Le rapport de cette année aborde en profondeur quatre thématiques :

  • Planning familial : une étude d’Alex Ezeh, chercheur invité du Center for Global Development est consacrée à cette question. Cette étude souligne l’importance de l’émancipation des femmes pour qu’elles puissent exercer pleinement leur droit fondamental : choisir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir, quand et avec qui. A. Ezeh observe que, d’après les données des Nations unies, la population africaine devrait être multipliée par deux à l’horizon 2050 et doubler à nouveau d’ici à 2100. Si chaque femme en Afrique subsaharienne avait le pouvoir de décider du nombre d’enfants qu’elle souhaite, la croissance de la population projetée pourrait être inférieure de 30 %, et donc ramenée de 4 milliards à 2,8 milliards. Plus important encore, cela permettrait à davantage de jeunes filles et de femmes d’élargir leurs perspectives, de poursuivre leurs études, d’avoir des enfants plus tard, de gagner plus à l’âge adulte et d’investir davantage dans leurs enfants. L’exemple du Kenya et de son nouveau programme de planning familial offrant aux jeunes femmes l’accès à la contraception illustre cette analyse.

  • VIH : une modélisation, faite par l’Imperial College London, montre ce à quoi l’épidémie de VIH au Zimbabwe pourrait ressembler en 2050 et, par conséquent, l’avenir du pays dans son ensemble. Le Zimbabwe compte une forte proportion de jeunes qui pourraient potentiellement être moteurs de la croissance économique s’ils restaient en bonne santé. Plus de la moitié des Zimbabwéens ont moins de 25 ans et atteignent l’âge auquel le risque de contracter l’infection au VIH est le plus élevé. Si, au cours des cinq prochaines années, le Zimbabwe déploie à plus grande échelle les outils de prévention actuellement disponibles, les nouvelles infections chez les 15-29 ans pourraient reculer d’un tiers en une décennie. L’introduction de nouveaux outils de prévention à l’horizon 2030, dont un vaccin particulièrement efficace, pourrait encore réduire le nombre de nouveaux cas aux alentours de 400 par an. Cumulées, ces initiatives permettraient d’éviter 364 000 nouveaux cas de VIH chez les jeunes.

  • Éducation : une étude d’Ashish Dhawan, président de la Central Square Foundation en Inde, est consacrée à cette question. En dépit du fait que le nombre d’élèves scolarisés dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire n’a jamais été aussi élevé, beaucoup d’entre eux n’apprennent pas ce dont ils ont besoin pour réussir. La stratégie d’amélioration des résultats scolaires n’est pas aussi limpide que celle visant à favoriser l’accès à l’éducation. Le cas du Vietnam, qui a réussi à apporter des améliorations à l’ensemble de son système éducatif, est notamment analysé. Alors que le PIB par habitant y est à peine supérieur à celui de l’Inde, les jeunes Vietnamiens de quinze ans obtiennent de meilleurs résultats que leurs homologues des pays riches comme les États-Unis et le Royaume-Uni aux les évaluations internationales.

  • Agriculture : James Thurlow, chercheur associé à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, estime dans son analyse sur cette thématique qu’en multipliant par deux la productivité de son agriculture, le Ghana pourrait réduire la pauvreté de moitié, créer des centaines de milliers d’emplois et générer de la croissance économique. C’est ce qu’illustre une étude effectuée par un journaliste ghanéen, qui a suivi le voyage d’une tomate du le champ (Burkina Faso) à l’assiette (Ghana), montrant les nombreux emplois créés d’un bout à l’autre de la chaîne.

Le rapport Goalkeepers de la Fondation Bill & Melinda Gates sera publié chaque année jusqu’en 2030 et la date de cette publication coïncidera avec la tenue de l’Assemblée générale des Nations unies qui réunit les dirigeants de la planète à New York. L’objectif de ce rapport est de mettre en avant les meilleures pratiques et de contribuer à responsabiliser la Fondation Bill & Melinda Gates, ses partenaires et les dirigeants du monde entier en montrant ce qui marche et ce qu’il reste à accomplir.

Bill et Melinda Gates organisent, concomitamment avec la publication de ce rapport, la deuxième édition de l’événement Goalkeepers à New York au cours de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le 26 septembre, de jeunes dirigeants, responsables gouvernementaux et figures emblématiques du monde des affaires, de la technologie, des médias, du divertissement et du secteur associatif débattront des innovations et approches possibles pour atteindre les Objectifs Mondiaux. Parmi les participants figurent de jeunes dirigeants comme David Sengeh, directeur de l’innovation pour le gouvernement du Sierra Leone ; Trisha Shetty, avocate indienne, militante sociale et fondatrice de SheSays ; King Kaka, musicien et militant kényan ; et Aranya Johar, poète et slameuse indienne. Participeront également : Graça Machel, championne des droits des femmes et des enfants au plan international et cofondatrice du Graça Machel Trust ; Richard Curtis, écrivain, militant et cofondateur de Project Everyone ; et Stephen Fry, acteur, écrivain et présentateur. Des artistes seront également au rendez-vous comme l’auteur-interprète britannique Ed Sheeran et le Brooklyn Youth Chorus. Les noms des autres orateurs seront communiqués prochainement.

Co-organisée par Bill et Melinda Gates, la cérémonie de remise des prix « Goalkeepers Global Goals Awards » aura lieu le 25 septembre, la veille de l’événement « Goalkeepers ». En partenariat avec la Fondation Bill & Melinda Gates et l’UNICEF, les prix récompenseront des actions remarquables accomplies en faveur de la jeunesse dans le monde entier, en lien direct avec les 17 Objectifs Mondiaux. Il existe quatre catégories de prix : le prix du Progrès, le prix de l’Acteur du changement, le prix de l’Action militante et le prix Global Goalkeeper.

Notes aux éditeurs

À propos de la Fondation Bill & Melinda Gates 
Portée par la conviction que toutes les vies ont la même valeur, la Fondation Bill & Melinda Gates s’efforce d’aider toutes les personnes à mener des vies saines et constructives. Dans les pays en développement, elle s’attache à améliorer la santé des populations afin de les aider à s’extirper de l’extrême pauvreté. Aux États-Unis, la fondation veille à ce que tous les élèves, en particulier ceux avec les ressources les plus limitées, puissent avoir accès aux opportunités qui leur permettront de réussir à l’école et dans la vie. Basée à Seattle, Washington, la fondation est dirigée par Sue Desmond-Hellmann, son PDG, et William H. Gates Sr., co-président, sous la direction de Bill et Melinda Gates et de Warren Buffett.  

À propos de Goalkeepers

Goalkeepers est la campagne lancée par la fondation pour accélérer le progrès en matière de réalisation des Objectifs de Développement Durable (ou Objectifs Mondiaux). En partageant les récits et les données émanant des Objectifs Mondiaux par l’organisation d’événements et la publication d’un rapport annuel, nous espérons inspirer une nouvelle génération de dirigeants - appelés les Goalkeepers - qui vont sensibiliser le public aux progrès, demander des comptes à leurs responsables et mener des initiatives pour atteindre les Objectifs Mondiaux.

À propos des Objectifs Mondiaux

Le 25 septembre 2015, au siège de l’Organisation des Nations Unies à New York, 193 dirigeants mondiaux se sont engagés en faveur des 17 Objectifs de Développement Durable (ou Objectifs Mondiaux). Il s’agit d’une série de cibles et objectifs ambitieux visant à accomplir trois actions extraordinaires d’ici à 2030 : éradiquer la pauvreté, lutter contre les inégalités et les injustices et remédier au changement climatique. 

Contact médias : media@gatesfoundation.org

Lien vers le Rapport : http://gatesfoundation.org/goalkeepers/report